Le collectif qui fait croâ

CocyclicsJe ne puis aborder mes projets littéraires sans aborder le collectif CoCyclics.

Écrire cette première phrase, d’ailleurs, me surprend moi-même. Et pour cause : l’image de l’écrivaillon solitaire, de l’artiste inspiré, de l’homme de lettres perdu au milieu de sa bibliothèque a la vie dure, dans mon imaginaire torturé. L’écriture est, avant qu’un lecteur ne tourne les pages de l’œuvre produite, un acte personnel, égoïste, égocentrique même, qui fait sauter tous les verrous, toutes les barrières. Lorsqu’il écrit, l’auteur ne ment pas, car, après tout, il serait idiot de se mentir à soi-même. On dévoile ses défauts, on plonge dans ses propres failles, on réveille nos peurs, nos angoisses primitives. On se repaît de nos joies, on redécouvre son rapport au monde, on communie avec l’univers. Car il faudra transmettre, ensuite. S’adresser à l’âme du lecteur. Lui faire oublier que l’on utilise des mots, pour reprendre ce bon vieux Bergson.

Mais lorsqu’il s’agit d’un premier roman, jouer les génies retirés du monde relève du snobisme. Car l’ennemi de l’écrivain, c’est le manque de recul. La tête dans les nuages, en posant chaque mot sur le papier, on croit cristalliser des images, des sentiments, des impressions. Mais qui peut en être sûr ?

CoCyclics repose sur un système déjà utilisé par de nombreux forums, mais jamais exploité de manière aussi efficace. L’échange, le partage, la solidarité entre auteurs y est une condition sine qua non de la bonne évolution de chacun. On progresse tous ensemble, ou on meurt. Le site est réglé comme du papier à musique. Il a ses partitions, son ton, et sa manière de penser un peu diffuse. Et tout fonctionne. L’équilibre, l’équilibre si complexe à atteindre pour une entité virtuelle, est atteint. La motivation atteint son paroxysme. Cent-cinquante pages de mon roman défilent ainsi sous mes yeux ébahis en moins de 4 mois.

Le système ne se résume pas à un échange de lecture avisées. De nombreux appels à textes y sont proposés, et le forum est un sacré vivier de novellistes de l’Imaginaire.

Cependant, comme avec tout système ayant prouvé son efficacité, il faut prendre un peu de distance pour mettre à profit ce que le site est capable de proposer. L’auteur débutant y trouvera sans aucun doute des conseils avisés d’écrivains rodés à de nombreuses techniques. Par contre, l’auteur plus expérimenté devra prendre soin à ne pas laisser son style subir les impacts répétés des bêta-lectures pointilleuses. Non pas que leur justesse soit mise en cause, loin de là. Le problème vient plutôt du fait que chaque critique amène l’auteur à modifier subtilement sa manière d’écrire vers un style éminemment correct, mais moins personnel car moins spontané. Il lui revient donc la lourde tâche d’apprendre à équilibrer ses désirs stylistiques avec les exigences de ses lecteurs. Si cela peut paraître simple de prime abord, j’avoue avoir eu beaucoup de difficultés à m’y faire lors de mes premiers pas au sein du collectif. Encore maintenant, lorsque j’écris, me reviennent certaines critiques qui infléchissent doucement mon style. Je leur laisse plus ou moins la parole, jouant avec les techniques apprises avec de plus en plus de finesse.

L’apprentissage est long. Peut-être même ne cessera-t-il jamais. Mais maintenant que je l’ai débuté, soutenu par les lecteurs avisés du collectif et leur apportant mon propre soutien, ma plume a gagné en expérience.

Soutenu par ces amis, ces grenouilles, comme elles se plaisent à se nommer, j’espère mener à bien le projet qui me tient tant à cœur !

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2 réponses à “Le collectif qui fait croâ

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